En littérature, il faut lire
Mikaël K, sa vie, son temps et Disgrâce. Ces deux livres sont considérés comme les meilleurs (Booker Prize britannique pour les deux!) de John Maxwell Coetzee,écrivain Sud-Africain et Prix Nobel de littérature 2003.
Blanc né à Cap Town en 1940, il a enseigné en Afrique du Sud mais aussi aux Etats-Unis. Sa biographie détaillée est sur le site du Nobel.
Coetzee c'est une écriture superbe, sèche, violente, âpre.
Le propos est un mélange d'une incroyable noirceur et, finalement, malgré tout, d'empathie.
On suit les personnages dans les villes et dans le veld (qui désigne des campagnes à faible relief, sorte de savane parsemée de petits arbustes), jamais loin d'une nature à la fois inhospitalière et accueillante, comme un refuge d'une grande pureté face à la violence civilisée des hommes.
MiKaël, un jeune noir un peu simple, escorte sa mère, femme de ménage chez des blancs pour un dernier voyage. Voyage compliqué, car sous l'Apartheid le système de "Pass" impose aux noirs des autorisations pour se déplacer. Certaines zones leur sont interdites. Après la mort de sa mère, Mikaël erre. Interné dans un camp de rééducation, il s'enfuit et trouve une paix fragile dans le Veld. Mais la société ségrégationniste le rattrape. Il ne mangera plus la terre par poignées.
Dans Disgrâce, un professeur d'université est mis au ban pour avoir couché avec une de ses étudiantes. IL se retire chez sa fille qui vit dans une ferme isolée. Là encore, la violence de la société, qu'elle soit rurale ou citadine, oeuvre de voyous ou de politiques, le rattrape.
Les solitudes des personnages sont mises en valeur par une écriture unique. A la dernière page, il reste un malaise, le goût du sang et de la poussière dans la bouche; et même la brûlure du soleil et la caresse de l'eau sur la peau.
Des lectures marquantes. Vraiment.